Certains d'entre-vous envisagent une carrière à l'hôpital et d'autres envisagent plutôt d'être à leur propre compte en cabinet, clinique, laboratoire ou officine c'est à dire d'avoir un statut de professionnel libéral. Cette dernière catégorie d'étudiants n'existera probablement plus d'ici quelques années.

En effet, l'Union Européenne, suite à une plainte (certainement d'un groupe financier), vient de notifier à la France qu'elle devrait ouvrir les capitaux des sociétés de laboratoires d'analyses de biologie médicale (LABM) à plus de 50% aux non-biologistes [1] . Mais à travers cette injonction faite à la France ce sont non seulement les LABM mais aussi les cabinets médicaux, d'infirmières ou de sage-femme, les officines, etc... qui sont clairement visés.

Ces attaques interviennent curieusement dans une période où la plupart des professionnels de santé issus du baby-boom commencent à partir à la retraite et les jeunes diplômes sensés les remplacer se font attendre. Pure coïncidence ?

Mais la chose la plus grave, c'est que dans le domaine médical, le contrôle total de nos structures (cabinets libéraux, laboratoires, officines, ...) par des groupes financiers, dont le profit est la principale motivation, va à l'encontre de l'indépendance des professionnels, clé de voûte de notre système de santé.

Notes

[1] Pour information, l'article 5.1 de la loi MURCEF de 2001 autorise la détention du capital des SEL (Société d'Exercice Libéral) à plus de 50% par des non professionnels libéraux. La loi Dutreil de 2005 sensée contrecarrer cette dérive a autorisé des dérogations par voie de décrets à l'article 5.1 pour les professions qui le souhaiteraient mais trop tard pour certaines d'entre elles semble-t-il.