Nous voilà en période de salons étudiants, auxquels les étudiants sages-femmes participent activement depuis deux ans. Dans tous ces salons, il y a des stands (obtenus par les universités, et heureusement vu le prix), et des conférences, dont toujours au moins une intitulée : "les études de médecine". Et la personne invitée à parler de la médecine est toujours, toujours un prof ou un directeur de prépa privée. D'après les organisateurs, personne des universités n'est jamais disponible ; le plus souvent en réalité, personne des universités n'est jamais contacté...

Au dernier salon que j'ai fait, aprennant (pour changer) que le seul intervenant était un directeur de prépa, je suis allée avec un grand sourire me proposer pour compléter l'information, et j'ai été refusée sous le pretexte que "l'année dernière, ça a fini en pugilat à propos des prépas, je ne veux plus de ça". Mon argument que puisque je représentais l'université, le directeur de prépa était inutile n'ayant pas porté ("je le connais depuis 10 ans, il donne une information très objective"), j'ai dû promettre de ne pas parler de la P1, et de n'aborder que la suite des cursus, toujours oublié puisque les lycéens "ne veulent que des infos sur la P1", et voilà comment des P2 découvrent qu'ils ont encore un autre concours à passer...

Et comme prévu, nous avons eu droit aux idioties habituelles sur l'impossibilité de réussir sans encadrement, sur la nécessité d'une mention au bac pour réussir dans les facs parisiennes (les banlieusardes, le niveau est moins élevé, donc pour les mauvais ça peut aller), le stage de pré-rentrée in-di-spen-sable, les amphis bondés où on ne peut pas tous s'asseoir, la mauvaise qualité de la vidéo-transmission, tous cela pour arriver à une conclusion : prenez une prépa, et si possible la sienne ! Ayant glissé qu'en matière d'encadrement il existait également un tutorat gratuit, je me suis fait littéralement hurler dessus : depuis quand des étudiants peuvent enseigner à d'autres étudiants, le tutorat n'est efficace que si on a eu plus de 15 en maths, physique et chimie au bac, d'ailleurs c'est fait n'importe comment, les tuteurs ne viennent jamais aux rendez-vous, etc, etc.

La bonne nouvelle, c'est que ce jour-là j'ai glissé ce mot-là, et que sa colère étant trop excessive pour ne pas paraître louche, de nombreux lycéens sont venus me voir à l'issue de la conférence pour avoir les vraies infos.

La mauvaise, c'est que ça se passe comme ça sur de nombreux salons, et que les étudiants manquent pour corriger ce message purement commercial. Toutes les universités participent aux salons, et sont en général ravies que des étudiants se proposent pour les accompagner, car bien souvent tout ce qu'ils peuvent faire sans étudiants, c'est donner le programme de leur P1 et les chiffres de réussite, ce qui n'aide pas beaucoup les lycéens. En organisant un roulement au niveau des BDE ou assos locales, chaque étudiant peut ne donner qu'une demi-journée, ou une journée par an. En informant correctement les lycéens, sans insister uniquement sur la P1 mais en leur décrivant tout le cursus médical (qu'il s'agisse de médecine, dentaire ou sage-femme), sans les laisser aux mains des conseillers d'orientations et des profs de lycée qui ne connaissent de la médecine que des mythes et légendes, je suis persuadée qu'on en empêche beaucoup d'aller s'inscrire pour rien en P1, et c'est aussi comme ça qu'on désengorgera les amphis.