Il s'agit bien évidemment de l'ouverture totale du capital des sociétés de professions libérales[1] aux non professionnels diplômés.
Cette ouverture, désirée par la Commission Européenne, se base sur le principe de disparition des monopoles dans un but de concurrence et donc, in fine, de réduction des coûts[2].
Dernièrement, M. Sarkozy[3], a décidé d'enfoncer le clou en épinglant, certaines professions règlementées souhaitant, je cite, "mettre fin aux rentes non justifiées de certains professionnels". Et là, de placer, dans le même sac les taxis, les pharmaciens, les notaires, les vétérinaires, les avoués, les kinésithérapeutes, etc...
S'il y a une chose qu'il est important de comprendre pour les professions de santé libérales, c'est que la détention du capital de ces sociétés par un non-professionnel diplômé, ne dédouane pas ces professionnels devant la loi en cas de faute dans l'exercice de leurs fonctions et même si cette faute est due à un manque de moyens de la part de l'investisseur.
Cette perte d'indépendance est donc dommageable à la fois pour le professionnel d'un point de vue financier (perte du capital) et juridique mais également pour le patient qui aura à faire à des professionnels "pieds et mains liés".
Sachez au passage que depuis 10-15 ans, il existe des chaines de cliniques. Pour n'en citer qu'une : "La Générale de Santé"[4] . En espérant sincèrement lui faire une mauvaise publicité. Et ça personne ne s'en émeut.
Maintenant c'est au tour des pharmacies avec des chaînes européennes comme Alliance boots ou Doc Morris et des Laboratoires d'analyses médicales avec Unilabs et Labco.
Dans un système de santé où les prix sont fixés par l'Etat pouvez-vous me dire quel est l'intérêt d'ouvrir le capital de ces sociétés si ce n'est pour enrichir les gros du CAC40 ? Voilà comment on va passer progressivement d'un système qui réparti les richesses de manière équitable entre diplômés à un système qui enrichi ceux qui le sont déjà.
Pour terminer, j'en reviens à la liberté d'installation.
Si le désir des médecins en grève est de se faire entendre, il sera certainement plus utile pour eux dans l'avenir d'élargir leurs revendications et de coordonner des actions avec d'autres professions de santé. Car, elles aussi, bouillonnent d'impatience d'en découdre.
A bon entendeur... salut ;)
Notes
[1] SEL = Société d'Exercice Libérale et SPFPL = Société de Participation Financière des Professions Libérales
[2] Et quand les prix sont fixés par l'Etat ? Spécial dédicace au Commissaire Européen Mac Creevy !
[3] Discours à l'Université du MEDEF (comme par hasard) fin août 2007
[4] Chef, oui, Chef !!!

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